1870-1872

Les contraintes affligées au Sundgau suite à la défaite française de 1870

A la suite de la défaite française, l’Alsace et une partie de la Lorraine furent rétrocédées à l’Allemagne. La loi du 9 janvier 1871 fit de l’Empereur le détenteur de l’autorité publique en Alsace-Lorraine.

Le chancelier allemand Otto von Bismarck qui était un homme raisonnable se doutait bien que dans les provinces annexées, de nombreuses personnes  refuseraient la germanisation. Il proposa donc aux Alsaciens et Lorrains qui le souhaitaient d’opter pour la France jusqu’au 1er octobre 1872. La grande majorité se déplaça les derniers jours ; environ 10’000  établirent domicile dans le nouveau Territoire de Belfort et sa banlieue entraînant ainsi un développement industriel et une explosion démographique.

Un premier tracé de frontière appelé «  la carte au liseré vert » fut établi en octobre 1870.

Dès les premières discussions en février 1871, Adolphe Thiers chef du pouvoir exécutif de la République française, depuis le 17 février 1871 soumit le désir de maintenir la place forte de Belfort ainsi qu’un rayon militaire.

Une commission franco-allemande fut constituée pour exécuter sur le terrain le tracé de la nouvelle frontière.

Cette dernière partie du tracé entre le Ballon d’Alsace et la Suisse posa le plus de problèmes. Au sein de la commission, chaque pays avait ses exigences.

La place forte de Belfort représentait une valeur stratégique pour Thiers qui autorisa Favre, le négociateur français à céder plusieurs communes de la Moselle en échange de l’arrondissement de Belfort.

Puis, il insista pour garder la ligne linguistique là où les Romains avaient établi un fossé appelé « limes » séparant les deux peuples sur la ligne de partage des eaux. L’Allemagne très intéressée par le bassin minier mosellan accepta après avoir acquis un rayon de compensation supplémentaire.

Cependant, un point litigieux persista dans le secteur de Bréchaumont à Montreux-Château, car Bismarck souhaitait conserver le passage du Rhin au Rhône, de Montreux-Château.

Au cours des différents projets les communes situées le long de ce trajet changèrent plusieurs fois de camp. Entre discussions, procès verbal, promesses, et remaniement, la confusion s’installa dans les dernières heures avant la signature. La commune de Chavannes-les-Etangs en fit les frais, car lors de l’énumération de la liste des communes cédées à la France, le village fut oublié et devint définitivement allemand.

La signature du traité de Francfort du 10 mai 1871 officialisa la nouvelle frontière.

L’implantation de la nouvelle frontière

Cette ligne pouvait diviser des terrains privés, contourner des rivières ou des étangs ; elle nécessita le déboisement et le débroussaillage d’un couloir d’une largeur de 2 mètres.

Pour délimiter cette nouvelle frontière, des bornes  d’une hauteur de 1,10m furent enfouies d’environ 50 cm dans le sol. La distance d’implantation variait en fonction du terrain.

A certains endroits, les cours d’eau et les limites naturelles remplaçaient les pierres.

Pas moins de 4056 bornes séparaient Rödingen à la frontière du Luxembourg à Pfetterhouse près de la Suisse.

Sur le haut de chaque pierre fut gravée la ligne directrice et les initiales de chaque pays (F pour la France, D pour l’Allemagne) ainsi que le numéro de la borne.

Burtschy Bernard

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